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Un détenu, incarcéré à la maison d’arrêt de Cotonou, a saisi par le truchement d’une lettre ouverte, le Chef de l’Etat, Patrice Talon. Il dénonce sa détention qu’il juge illégale, et sollicite le Président de la République pour pouvoir recouvrer sa liberté. Lisez quelques morceaux choisis de sa lettre.
« Je suis Osse Casimir, détenu à la Maison d’Arrêt de Cotonou depuis le 27 novembre 2025. Par cette lettre ouverte, je porte à votre haute attention une affaire grave d’appropriation et de vente illégale de domaine public de l’État béninois, sis à Cotonou, sur près de cinq hectares. Cette mafia foncière, qui éclabousse notre ville depuis 2019, mérite votre intervention directe pour préserver les intérêts publics et illustrer votre engagement inflexible contre la corruption », peut-on lire dans la lettre.
« En juin 2019, j’ai découvert fortuitement une demande de mutation de nom (n° 624 du 06/04/2010), déposée à l’Institut Géographique National (IGN) de Cotonou par un liquidateur (…). Cette demande repose sur quatre arrêtés préfectoraux falsifiés, portant sceaux de l’État et imitation de la signature de l’ex-Préfet Barnabé DASSIGLI. Le rapport du géomètre expert feu DJINADOU confirme que ces parcelles ne relèvent nullement du domaine des héritiers, jugé en 1975. », confie le détenu.
« J’ai immédiatement alerté le Directeur Général de l’IGN par correspondance, exigeant une confrontation et rappelant les risques d’une telle mutation. Ce dernier a usé de relations pour intégrer ces faux aux archives de la Préfecture de Cotonou, absents lors du transport judiciaire antérieur. Depuis, je fais l’objet de menaces de mort incessantes. », soutient-il.
Me constituant partie civile dans la procédure n° 833/2024 devant la 3ème section de la Cour Spéciale des Affaires Foncières (CSAF), mon avocat Me Hippolyte YEDE a dénoncé ces faits dans ses conclusions. Malgré ces détails, il a été ordonné ma garde à vue de 8 jours au commissariat de Wxlacodji. Après audition par l’OPJ en charge de l’affaire sur ses questionnaires, j’ai fourni toutes les preuves. », se désole le prévenu.
« Excellence M. le Président, le 27 novembre 2025, en présence de Mes Magloire Yansunnu et Hippolyte YEDE, un mandat de dépôt m’a été décerné – contredisant le jugement avant dire droit n° 040/2è DPF-19 du 02 juillet 2019 qui avait validé l’authenticité de mes documents lors d’un transport judiciaire, protégeant apparemment des intérêts privés, via l’arrêté n° 2/919/DEP-ATL/CAB/SAD du 31/12/2002 lui attribuant la parcelle « C » du lot 3186 », va-il poursuivre.
Monsieur le Président, ce mandat de dépôt vise à me réduire au silence jusqu’à la fin de votre mandat. (…) J’ai saisi le DSLD, la Cellule de traitement des plaintes, les ministères de la Justice et des Finances, ainsi que l’ANDF. À moins de quatre mois de la fin de votre second mandat, je vous conjure de suivre ce dossier de près, comme vous l’avez fait pour les 39 hectares illégalement vendus à Abomey-Calavi. Libérez-moi et ordonnez l’exécution du PV d’audition de l’OPJ pour que la vérité éclate », conclut-il.
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