Coup d'État déjoué au Bénin : 05 ans de prison ferme requis contre un policier et un journaliste à la Criet

Société

Six individus ont été jugés ce mardi 3 février 2026, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Parmi eux, figurent un fonctionnaire de police en service à la Direction de police judiciaire (DPJ) et un journaliste, poursuivis pour apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la haine via internet et incitation à la rébellion.

Les mis en cause ont été interpellés à la suite de la tentative de coup d’État déjoué, le 7 décembre dernier, et qui visait à renverser le régime démocratique du Président Patrice Talon. Il est reproché à l’homme des médias d’avoir publié des articles destinés à soutenir les putschistes sur les réseaux sociaux.

Convoqué à la barre, il plaide non coupable. Il affirme avoir effectivement produit deux articles dans la journée du 7 décembre sur le coup d’État. L’un portant sur le message lu à la télévision nationale par les putschistes, et l’autre traitant de la sortie du ministre de l’intérieur et de la sécurité publique.

Le journaliste, exerçant à Porto-Novo, dit avoir pondu ces textes dans le seul souci d’informer et non autre chose. Il informe, par ailleurs, avoir été, quelques jours avant le putsch, victime de menaces provenant d’un inconnu alors qu’il avait marqué une pause en cours de route pour prendre du carburant.

L’inconnu l’aurait d’abord félicité pour ses productions journalistiques avant de lui balancer ces propos : « Il m’a dit que si on devait nettoyer le pays, c’est par moi qu’on allait commencer puis a continué son chemin », a confié l’homme des médias à la Cour, selon Banouto qui rapporte l’information. À en croire le journaliste, détenteur de la carte de presse de la HAAC, c’est cette menace et le souci de protéger sa famille, qui l’ont poussé à produire les textes pour lesquels il est aujourd’hui incriminé.

Prenant la parole, la représentante du ministère public lui a reproché le fait qu’il n’ait pas porté plainte contre l’individu l’ayant menacé. La magistrate a demandé à la Cour de retenir le journaliste dans les liens des infractions et de le condamner à cinq (5) ans de prison ferme et à un million d’amende.

De son côté, le policier est accusé pour un commentaire qu’il a fait dans un forum WhatsApp de jeunes de Tanguiéta. Selon le commentaire lu par la Cour, l’officier de police dit ceci : « Le prototype des Béninois, il ne faut jamais prendre des risques en leur noms. Si vous réussissez, ils vont vous applaudir mais si vous échouez c’est les mêmes qui vont vous condamner ».

Convoqué à la barre, le policier a reconnu son message après la lecture par la Cour. Mais il a expliqué que le message n’était pas destiné à soutenir les putschistes. Le policier a confié qu’il était dans la démarche de mettre fin aux débats menés par ses frères et stopper tous les commentaires le soir du dimanche 7 décembre 2025.

Ses propos n’ont pas convaincu le ministère public qui a requis à son encontre, 5 ans d’emprisonnement ferme plus un million d’amende. Le dossier est renvoyé au 24 mars 2026.

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Tossou Ignace

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