Bénin

Covid-19 : Expedit Ologou préfère au gouvernement, le principe de précaution

L’investigateur 21/03/2020 à 12:01

La décision du Gouvernement du Bénin de maintenir les écoles et autres établissements d’enseignement ouverts face à la menace du COVID-19 est une décision risquée, donc discutable et contestable, selon Expédit Ologou

1- Le Gouvernement du Bénin agit comme s’il disposait de moyens extraordinairement plus importants que tous les Etats qui font face aux ravages du COVID-19 de par le monde. Si tel est le cas qu’il nous l’explique avec méthode et précision. Et nous serons quittes !
2- Les enfants sont des porteurs sains. Donc, malgré les précautions de lavage des mains au savon, la distance d’au moins 1 mètre ne peut être respectée dans nos écoles bourrées d’effectifs pléthoriques dans des salles exiguës. Par les enfants, le COVID-19 peut devenir un cheval de Troie dans nos familles et dans la société.
3- Les différentes organisations qui demandent au gouvernement l’application du principe de précaution ont raison d’avoir des craintes. Le principe de précaution est un outil d’aide à la décision rationnelle et prudente. Il est l’expression de l’humilité dans la gouvernance.
4- Les raisons liées à la fragilité de l’économie béninoise sont des raisons fragiles face à l’urgence vitale. L’économie béninoise ne deviendra pas d’un coup robuste parce que le Bénin n’aura pas fermé ses établissements scolaires pour un temps.
5- Le Bénin fait partie d’un espace communautaire, l’UEMOA par exemple, dans lequel des examens de fin d’année sont organisés dans une période harmonisée. Donc, même si le Bénin ne ferme pas ses écoles, il sera amené à s’arrimer au calendrier harmonisé du Baccalauréat qui sera probablement réaménagé en raison de la fermeture des établissements dans les autres pays de l’UEMOA. L’efficacité de la mesure béninoise restera alors à prouver. A moins que le Bénin, île illuminée, indépendante, hégémonique dans la sous-région, décide de faire cavalier seul.
6- Face à la persistance du gouvernement de maintenir les écoles ouvertes, les transformant en tombeaux ouverts :
a- les établissements scolaires et universitaires, en tant qu’institutions qui produisent, raffermissent et pérennisent le social, doivent prendre leurs responsabilités et fermer leurs portes pour un temps ;
b- Parce qu’il s’agit de la vie de nos enfants, chaque parent peut décider d’interdire à son enfant de se rendre à l’école. Moi, je l’ai déjà fait depuis quelques jours. C’est une manière responsable de dire au gouvernement que nous ne sommes pas rassurés de la gestion qu’il fait de la vie de nos enfants et donc de nos vies. La politique de tout gouvernement face au COVID-19, face à la mort, ne doit être en aucun cas, une politique d’expérimentation de la mort, une « nécropolitique ». Elle doit être une politique de préservation de la vie, une « biopolitique ».
Pour une politique de la vie face au COVID-19, exigeons que nos écoles soient fermées pour un temps ou décidons que nos enfants restent à la maison. Avant et après tout, il s’agit de la vie de nos enfants !

Expédit OLOGOU, Abomey-Calavi le 21 mars 2020.



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