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L’Union africaine (UA) n’apportera pas son appui à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Une vingtaine d’États membres, dont le Sénégal, ont exprimé leur opposition, bloquant ainsi la procédure d’approbation tacite engagée au sein de l’organisation continentale.

Soumise aux 55 États membres de l’UA le 27 mars, la proposition de soutenir la candidature de Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l’ONU, n’a pas franchi l’étape décisive requise par la procédure dite d’« approbation tacite ». Selon ce mécanisme, un texte ne peut être validé s’il suscite l’opposition de plus d’un tiers des membres. En l’espèce, 20 pays ont exprimé leur désaccord, ce qui a entrainé le rejet du projet.

Parmi les États opposés figure en première ligne le Sénégal. Dans une correspondance adressée à l’UA, la mission permanente sénégalaise a clairement indiqué que les autorités de Dakar n’ont « à aucun stade » soutenu cette candidature, ni été associées à l’initiative portée par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’organisation.

Cette prise de position met fin à plusieurs semaines de silence officiel et confirme la distance entre le pouvoir en place et l’ancien chef de l’État. Les relations entre les nouvelles autorités sénégalaises et Macky Sall restent marquées par des tensions persistantes, sur fond de critiques liées notamment à la gestion de la dette publique et à la répression des manifestations politiques entre 2021 et 2024.

Au-delà du Sénégal, plusieurs poids lourds du continent, dont la Tunisie, l’Afrique du Sud et le Nigeria, ont également rejeté l’initiative. Abuja a notamment invoqué le principe de rotation géographique en vigueur au sein des Nations unies, selon lequel le prochain secrétaire général devrait provenir d’Amérique latine ou des Caraïbes, et non du continent africain.

Le poste visé est actuellement occupé par Antonio Guterres, dont le mandat arrive à échéance à la fin de l’année. Dans ce contexte, toute candidature africaine sans consensus continental apparaît fragilisée. L’absence de soutien de l’Union africaine compromet fortement les perspectives de Macky Sall dans la course à la tête des Nations unies.

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Casimir VODJO

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