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Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite officielle au Burkina Faso les 16 et 17 mai 2025. Une visite placée sous le signe de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines sécuritaire et économique. Mais ce déplacement, dans un pays dirigé par une junte militaire, suscite de nombreuses critiques au Sénégal.
À l’issue de cette visite qualifiée "d’amitié et de travail", Dakar et Ouagadougou ont exprimé leur souhait de renforcer leurs relations. Un signal fort alors que le Burkina Faso, comme le Mali et le Niger, a quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les deux gouvernements envisagent d’ailleurs d’organiser prochainement la 6e session de la Grande commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Sénégal, un format destiné à structurer leurs échanges bilatéraux.
Mais cette visite diplomatique ne fait pas l’unanimité. Au Sénégal, des voix s’élèvent pour dénoncer ce déplacement auprès d’un régime militaire non élu. Certains y voient un risque de légitimation d’un pouvoir issu d’un coup d’État.
Yoro Dia, politologue et ancien porte-parole de la présidence sous Macky Sall, critique fermement cette initiative : « Nous sommes tous d’accord sur la nécessité de coopérer contre le terrorisme. Mais encore faut-il que les pouvoirs en place soient légitimes. Le Sénégal doit tenir son rang démocratique et dire aux États de l’AES que la seule voie durable est celle du retour à la démocratie. »
Face à ces critiques, le parti au pouvoir, le Pastef, assume une approche différente. Pour ses responsables, le dialogue direct avec les pays membres de l’AES est plus efficace que les sanctions imposées par la Cédéao.
Amadou Ba, député du Pastef, défend la démarche du Premier ministre : « Cette stratégie d’isolement a échoué. Les sanctions n’ont eu pour seul effet que d’aggraver les souffrances des populations. Le président Bassirou Diomaye Faye incarne une position équilibrée. Il veut engager un dialogue responsable pour faciliter un retour progressif aux standards démocratiques. »
Ce déplacement pourrait marquer un tournant dans la diplomatie sénégalaise. Plutôt que d’emboîter le pas à la ligne dure de la Cédéao, le nouveau pouvoir semble vouloir jouer la carte du dialogue avec ses voisins sahéliens, y compris ceux gouvernés par des régimes militaires.
Mais ce choix, bien que pragmatique aux yeux de ses défenseurs, reste clivant. Entre impératif de stabilité régionale et fidélité aux principes démocratiques, l’équilibre sera délicat à maintenir.
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