Côte d’Ivoire

« Affaire Soro » : la saisine de la Cour de cassation est une vaste comédie, les raisons selon Ange Olivier Grah

L’investigateur 20/01/2020 à 10:11

Ange Olivier Grah est sorti de sa réserve pour dézinguer le pouvoir de Côte d’Ivoire à travers les agissements de ses affidés. En l’occurrence les juges qu’il estime aux ordres

En effet, selon l’argumentaire d’Ange Olivier Grah, la Cour de cassation n’est pas habilitée à juger l’ancien président de l’Assemblée nationale de Cote d’Ivoire, Guillaume Soro. A l’en croire, seule « la Haute Cour de Justice » peut le juger, conformément aux dispositions de la constitution de Côte d’Ivoire, prévues pour les ministres, les membres du gouvernement et les présidents d’institutions. « La Côte d’Ivoire n’est pas une gare routière où la Cour de Cassation, parce qu’elle est une Juridiction Suprême peut se substituer en l’absence de tout texte à une autre juridiction, même si elle lui est inférieure, à plus forte raison, lorsqu’il s’agit d’une juridiction spéciale », maugrée-t-il. Plus est, il renchérit : « Je sais que Monsieur Soro Kigbafori Guillaume est un ancien Président d’Institution pour avoir été Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale, qu’il a été membre du gouvernement et qu’il est actuellement député de la République, mais j’ignorais qu’il avait également la qualité de Magistrat. En effet le Procureur a exercé son recours devant la Cour de cassation sur la base des articles 684 et suivants du Code de Procédure Pénale qui sont les dispositions qui régissent le système de protection judiciaire spéciale des Magistrats ivoiriens ». Très amer, il dénonce le jeu qu’il qualifie d’ubuesque entre deux entités de l’Etat, c’est-à-dire la justice à travers le procureur Richard Adou qui a saisi la Cour de cassation. « je me serai étonné de ce qu’après n’avoir pas respecté les règles qui protègent les différentes qualités que possèdent réellement Monsieur Soro Guillaume, le Procureur de la république choisisse de mettre en œuvre celles protégeant une qualité qu’il n’a jamais eu. Curieusement, faisant fi d’une telle énormité, la Cour de Cassation saisi en sa qualité d’organe de protecteur des Magistrats, se considère comme compétente pour agir comme protectrice d’une personne qui ne l’est pas en prenant la décision ubuesque de désigner un de ses membres comme Magistrat instructeur. » Enfin, il en rajoute, cette couche de vitriol pour mettre à nu le passage en force des deux institutions : « Le caractère totalement inique de la saisine du Procureur de la République et de la réponse que lui a donné la Cour de Cassation est la preuve que c’est d’accord partie avec la seconde que le premier a initié sa curieuse saisine. On essaie, dans le cadre de ce concert frauduleux d’user du poids institutionnel de la Cour de Cassation dans l’opinion publique aussi bien nationale qu’internationale pour donner un vernis de la légalité a une procédure qui est pourtant aux antipodes des standards judiciaires, car baignant totalement dans le politique », rapporte Yeclo.




 
 

 
 
 

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