Bénin

Azannaï : ‘’le Royaume du DAN-XOMEY a produit des femmes guerrières, pas des Amazones’’

L’investigateur 3/07/2022 à 15:46

L’ancien allié du pouvoir Candide Azannaï s’est à nouveau signalé. A travers une interview accordé à La Dépêche Afric-Info, l’ancien ministre délégué auprès du président de la République chargé de la défense nationale a peint en noir, le projet du gouvernement dénommé « l’Esplanade des Amazones ».

Egale à lui-même, le président de Restaurer l’Espoir trouve que le projet du gouvernement dénommé « l’Esplanade des Amazones » est une pure chimère. Pour Candide Azannaï, « le Royaume du DAN-XOMEY a produit des femmes guerrières, pas des Amazones ». Le N°1 des »Résistants » au pouvoir de la Rupture estime que « le nom amazone est une imagination mythologie grecque pour justifier l’évidence de la toute puissance du patriarcat du primat de l’homme sur la femme. Aucune Amazone n’a existé dans le monde jusqu’à aujourd’hui. C’est de l’imagination mythologique grecque qui n’est pas traduisible, transposable en Afrique. Le mot amazone peut désigner des femmes guerrières qui vivaient sans hommes et qui n’en admettaient pas parmi elles. Ce mot peut également désigner une femme d’un courage guerrier et qui a des allures, des goûts virils tout comme il peut désigner une femme qui monte à cheval, cavalière, écuyère ou la jupe longue et ample que portent de telles femmes. »
Totalement à l’antipode du projet, l’ancien député a puisé dans son vocabulaire pour étayer son argumentaire. Candide Azannaï ajoutera que « le mot amazone désigne tout aussi une prostituée qui racole en voiture. C’est ce que tout étymologiste sérieux peut retenir comme sémantique à l’évocation de la phonation Amazone. » ; et conclut qu’il n’a rien inventé.
En renchérissant, il dit qu’ : « En Afrique ! Et c’est en République du Bénin ! La réalité du mot amazone renvoie donc à une mythologie sans consistance morale et sans contour éthique consensuels. Donc aucun historien pur à moins d’être un falsificateur touristique de l’histoire ne doit méconnaître que le mot amazone est un mot chimérique comme on peut parler d’Hercule, comme on peut parler de Aphrodite, d’ Apollon, d’ Artémis, d’Athéna, d’ Hermès, de Chimère , de Poséidon, de Titan , des Cyclopes et j’en n’oublie chez les grecs…de Dragons chez les asiatiques … Si nous nous habituons à prendre le mot amazone pour symboliser un référent identitaire, un jour nous risquons de prendre le dragon chinois ou le Sphinx égyptien comme référent identitaires du Bénin. C’est de la triche identitaire, c’est une perdition, une errance identitaire, une aliénation collective. On ne peut remplacer nos Lègba, nos Tolègba ni par un sphinx, ni par un dragon. Historiquement cela n’a pas de sens. Culturellement c’est de l’ignorance. "Il n’y a jamais eu d’amazones au Dahomey. Le Dahomey République ou Royaume du DAN - XOMEY n’a jamais produit une seule amazone ».

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Pourtant d’autres apprécient le projet

« De par cette dimension, de par son positionnement, en face de la présidence de la République, c’est une statue qui appelle à symboliser le peuple des amazones, une statue qui est appelée à marquer la ville. Une ville a besoin de repères et les deux participent au récit national et moi je voudrais qu’on lui donne le nom que dans le royaume du Dahomey on lui donnait. Il y a le nom, il y aura la stèle qui va raconter ce à quoi cette statue est destinée. Cela nous amène à apprendre l’épopée des amazones et enfin la place de la femme », a déclaré à BBC l’ancien ministre Luc Gnacadja.
Pour le gouvernement, la géante statue de « l’Amazone », haut de 30 mètres, est un monument décidé, mercredi 03 novembre 2021, en conseil des ministres pour la métamorphose de la physionomie de la ville de Cotonou. Une manière aussi de booster le développement de la ville de Cotonou, et de rendre hommage aux Amazones qui avaient joué un rôle important dans l’histoire du pays à travers les luttes de conquête face à l’envahisseur.




 
 

 
 
 

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