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France : l’"Opération Azur", coup d’Etat évoqué pour renverser Macron. Récit des faits

L’investigateur 28/10/2021 à 14:08

Figure des milieux complotistes, ce Français de 55 ans mis en examen depuis le 22 octobre pour « association de malfaiteurs terroriste » est soupçonné d’avoir piloté depuis la Malaisie un projet de coup d’État. Son avocat martèle qu’il est « victime d’une justice et d’un traitement médiatique d’exception », a révélé Ouestfrance.

Rémy Daillet a-t-il voulu piloter un coup d’État initié depuis la fin de l’année 2020 ? À cette question, la justice devra répondre. Cette figure française du complotisme a été mise en examen le 22 octobre pour « association de malfaiteurs terroriste » aux côtés de 13 autres prévenus. Il est soupçonné d’être le « cerveau » d’un projet d’actions violentes, souvent qualifié de coup d’État. Le Parisien dévoile ce 27 octobre le nom de ce projet : l’« Opération Azur ».

Un projet mené « contre la tyrannie » par un réseau d’ultra-droite composé, entre autres, d’anciens militaires, durant lequel le sang pourrait couler. On fait le point sur ce que l’on sait de ce projet de coup d’État présumé.

« La République n’est plus l’idée dominante »
Depuis 2020, Rémy Daillet ne cache pas ses idées révolutionnaires dans ses vidéos publiées sur les réseaux sociaux et visionnées des centaines de milliers de fois. Depuis la Malaisie, où il vit avec sa femme et ses enfants, il clame : « Je vais renverser le gouvernement de la République totalement vendue aux puissances d’argent. » Il est formel, il sera « celui qui abolira le régime actuel et le remplacera par un nouveau », promettant de encore « chasser » Emmanuel Macron qu’il accuse d’avoir « trahi la France ».

En avril 2021, il concrétise son ambition dans un courriel adressé à plusieurs députés et sénateurs comme le dévoile le quotidien francilien. « La République n’est plus l’idée dominante », martèle-t-il accusant un gouvernement « génocidaire » de prodiguer à sa population un « vaccin qui tue ».

Il s’adresse ensuite directement aux élus et avertit que « c’est une question de jours, de semaines » et que « c’est la dernière chance que nous vous donnons » pour « se lever […] contre la tyrannie ». Sinon, ceux qui ne répondront pas à cet e-mail signé par Rémy Daillet-Wiedemann deviendront « complices de crime contre l’humanité et donc condamnés », selon ses mots retranscrits dans les colonnes du Parisien.

L’association de militaires et de civils

Derrière ces menaces à peine voilées, se cache, toujours selon Le Parisien, l’« OP Azur », ou « Opération Azur », un projet soutenu un vaste réseau d’individus, parfois très virulents, rassemblés par celui qui est aussi soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement de la petite Mia dans les Vosges. Ils auraient conversé sur des réseaux de messagerie cryptés.

Citant une source proche du dossier, Le Parisien évoque la présence d’individus issus des milieux des anti-vaccins mais aussi militants néonazis dans l’est de la France, de survivalistes, complotistes ou Gilets jaunes ultras.

Leur projet est construit sur la base d’une branche militaire composée à l’aide d’un véritable plan d’armement et de recrutement. En appui, Rémy Daillet et ses acolytes auraient évoqué l’appui d’une armée de civils venus de province et équipés de boucliers de maintien de l’ordre et d’explosifs à fabrication artisanale.

« S’emparer de l’Élysée »

Suivie par les services secrets intérieurs, l’organisation menée par Rémy Daillet aurait eu pour objectif présumé de « s’emparer de l’Élysée et des points névralgiques de la capitale », avec un risque de tirs des « adversaires ».

Selon les informations dévoilées lors des interpellations des 12 prévenus, ils auraient aussi envisagé une « multitude de projets d’actions violentes, visant des sites institutionnels, des centres de vaccination, des antennes 5G… ».

L’enquête devra mettre au jour les réelles intentions de Rémy Daillet. Mais selon son avocat, Jean-Christophe Basson-Larbi, « décrire ainsi une armée de l’ombre qui aurait eu pour tête pensante Rémy Daillet, c’est une caricature du dossier ». Selon lui, s’il a été à un moment question d’« un projet de coup d’État violent », son client « y était étranger ». Il concède toutefois que ce dernier était favorable à « un renversement pacifique ».

« Rémy Daillet est victime d’une justice et d’un traitement médiatique d’exception, avec présomption de culpabilité », plaide-t-il encore.




 
 

 
 
 

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