Bénin

Madougou : des recours internationaux contre sa condamnation (avocat)

L’investigateur 11/12/2021 à 20:12

Dans une nouvelle déclaration après son retrait de la salle d’audience de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), l’avocat français remet le couvert. Pour Maître Antoine Vey, le procès de l’opposante Réckya Madougou est « pièce de théâtre grotesque ». lire sa déclaration publiée sur sa page facebook ce samedi 11 décembre 2021.

Me Antoine Vey sur le procès politique de Reckya Madougou

" Ce que j’ai vu au Bénin : arrivé devant la juridiction « spéciale », il était absolument manifeste qu’il est impossible d’exercer des voies de recours internes, puisque l’appareil judiciaire est totalement noyauté par le pouvoir. Il n’y a aucun formalisme, aucune procédure.

Les avocats n’ont pas chacun une copie du dossier. Certains accusés n’ont pas d’avocats. Le Procureur « Spécial » est à la table des « juges ». A l’ouverture, le Président écarte la demande de faire entendre des témoins. Il n’y a pas de droits effectifs de la Défense

Le dépôt de conclusions aux fins de nullité n’est prétendument pas prévu. Agacé par le principe même d’une prise de parole contradictoire, le Président somme de parler « 5 minutes » (là où les accusés encourent 20 ans…).

Devant cette pièce de théâtre grotesque, il n’y a aucun intérêt à cautionner cette audience, surtout pour un défenseur extérieur à ce système. La défense ne fera que dire et redire par la suite ce que tout le monde sait déjà : il n’y a pas de dossier, pas de Droit(s)

A la suite des déclarations publiques justifiant mon départ de l’audience. Je quitte la juridiction. Et la, partout, dans la rue, dans les couloirs, a l’aéroport, je vois des visages qui s’éclairent derrière leur masque. Des visages amis, mais qui ont peur.

Le Benin - jadis un pays bien classé - a rétrogradé drastiquement dans tous les classements internationaux qui constatent un recul sans précédent des libertés publiques. Les gens me le confient publiquement partout où ils me reconnaissent, en me disant « ne nous lâchez pas »

La vérité, c’est que dans un système sans droits, on se sent bien impuissant. Et @MadougouReckya a sans aucune surprise été condamnée à une peine injuste et absurde. Les recours internationaux sont en cours, mais ils prendront des mois, et le pouvoir les ignorera.

La libération des opposants politiques ne viendra que du dialogue diplomatique international. Il ne s’agit pas de pressions, mais de renvoyer une image juste de ce pays qui ne respecte pas ses engagements internationaux et viole les droits civils et politiques de ses habitants

A l’annonce du délibéré, les proches de Reckya se sont effondrés. Elle m’a dit qu’elle allait rester la tête haute, et qu’elle continuera de faire valoir sa voix pour le respect du processus démocratique. Les idées se combattent par les idées, pas par le musèlement ".

Antoine Vey, Avocat aux barreaux de Paris et de Genève,



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