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Mali : les militaires français luttent-ils contre les djihadistes ou contre les civils ?

L’investigateur 20/04/2022 à 14:52

L’armée française a été dénoncée à plusieurs reprises pour avoir utilisé des armes contre des civils. Malgré le fait que les militaires français se préparent à quitter définitivement le Mali, ils continuent de commettre des crimes contre les civils.
Ainsi, selon les dernières données, le dimanche 17 avril 2022, vers 2 heures du matin, des soldats français de l’opération Barhane ont enlevé quelques habitants dans le village d’Adiora près de Gossi, dans le cercle de Gourma-Rharous, région de Tombouctou. Il s’agit de 6 bergers dont les noms sont Al-Kharur Aq Dahron, Jaafar Aq Al-Kharur, Muhammad Aq Al-Kharur, Amya Aq Al-Kharur, Gemma Aq Sana, Abdul-Wahhab Aq Tarrafto. Des soldats de Barkhane ont pris d’assaut la maison du vieil Al-Kharur Ag Dahron et l’ont arrêté ainsi que 5 autres personnes, dont 3 de ses fils. Les soldats français détiennent des civils sans inculpation ni jugement.
Il convient de noter que ce n’est pas un incident isolé. Au Mali, plus d’une quarantaine de civils ont été tués par des soldats français, et plusieurs personnes ont été blessés dans divers incidents, depuis 2018. Un incident assez récent s’est produit à l’automne 2021. Une femme a été « neutralisée » par les soldats de la force Barkhane à Gossi, le 18 octobre, lors d’une « mission de reconnaissance dans une zone où des éléments d’un groupe armé terroriste avaient été détectés ». L’armée française a tout simplement confondu une femme civile avec un terroriste.

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La plus grande attaque contre des civils par les troupes françaises a eu lieu le 7 février 2020 dans le camp touareg de Fatawada, à l’extérieur d’Adiora (région de Tombouctou). Les bombardements d’un drone français ont tué entre une douzaine et une trentaine de civils présents lors d’un rassemblement.
Une histoire très médiatisée s’est déroulée le 3 janvier 2021 près du village de Bounti, lorsqu’une frappe aérienne française a tué 19 civils qui s’étaient rassemblés pour une cérémonie de mariage.
Le 17 février 2022 le président français Emmanuel Macron a annoncé le retrait de l’opération Barkhane du Mali. Les militaires français se redéployent peu à peu au profit du Niger voisin. C’était attendu et inévitable, car la force française de Barkhane était souvent critiquée par la population. Les Maliens se rendaient régulièrement à des manifestations pour exiger le retrait des troupes françaises du Mali. Malgré les années de présence Barkhane n’a pas pu éradiquer la menace terroriste, et le terrorisme a continué de se répandre au Mali. De plus, cette opération s’est avérée sanglante pour la population civile malienne, et les soldats français étaient souvent accusés d’être complices de terroristes.

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Des habitants de Gossi témoignent que la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée depuis le départ des Forces armées françaises. Selon Saliya Dicko, un habitant de Gossi, ils sont « tous contents du retrait des troupes de Barkhane. Avant, ce n’était pas sûr ici, maintenant on peut se déplacer librement ». « C’est bien que maintenant notre région soit passée sous la protection de notre armée malienne, maintenant nous sommes en sécurité », a rapporté Nabila Sinayoko, un autre habitant local.
Par ailleurs, d’après les sources, avant le départ des Forces armées françaises, les populations locales ont entendu des explosions à proximité de leur base militaire à Gossi. Les habitants soupçonnent que les Français ont ainsi tenté de dissimuler leurs traces, de cacher quelque chose.
Et les autorités maliennes et les populations ne cachent pas leur mécontentement et indiquent clairement que les troupes de Barkhane doivent quitter le territoire malien au plus vite. Alors les soldats français ne causeraient pas de nouvelles victimes parmi les civils.




 
 

 
 
 

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