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Niger : Juste Codjo, ex officier des FAB analyse les chances de réussite de l’intervention militaire de la Cédéao

L’investigateur 18/08/2023 à 13:54

L’intervention militaire au Niger, annoncée par la CEDEAO, fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive. Dans une interview accordée à la VOA, le Béninois Juste Codjo, expert militaire, a confié qu’une telle opération serait à haut risque avec peu de chance de réussite.

En effet, l’intervention militaire est l’option envisagée par la CEDEAO pour restaurer Mohamed Bazoum, président déchu du Niger dans ses fonctions, après le coup d’État du 26 juillet. Au cours de leur dernier sommet extraordinaire à Abuja, les Chefs d’État ont décidé d’activer la force en « attente ». Une décision qui a fait objet d’une réunion des chefs d’Etat-Major des pays membres, ce jeudi à Accra. Mais l’intervention militaire envisagée a peu de chance de réussir, selon Juste Codjo, professeur au département des études de sécurité professionnelle à l’Université de New Jersey aux États-Unis.

"Dans le contexte actuel, je crois qu’une intervention militaire au Niger serait à la fois une option à haut risque mais aussi une option qui a très peu de chance de réussir. Dans le contexte géopolitique actuel, qu’il s’agisse de la situation politique à l’intérieur du Niger ou encore de la configuration géopolitique de la sous-région en ce moment, je ne vois pas la CEDEAO capable de déployer dans de cours délai et sans un appui logistique extérieur, des troupes militaires multinationales, pour aller rétablir le président déchu. Ça me paraît assez risqué avec très peu de chance de réussir", a-t-il déclaré.

Lire aussi : [Niger : une provocation de plus du Premier ministre qui annonce une transition dans le pays>https://www.linvestigateur.info/?Niger-une-provocation-de-plus-du-Premier-ministre-qui-annonce-une-transition&var_mode=calcul]

L’expert militaire estime qu’une telle opération pourrait mettre en danger, la vie du président déchu, Mohamed Bazoum. "Le président Bazoum est entre les mains des putschistes et la CEDEAO par le passé, n’a pas développé cette expertise. Toutes les interventions de la CEDEAO qu’il y a eu dans le passé, n’ont pas consisté à aller rétablir un président qui se trouve entre les mains de ceux qui l’ont déchu. C’est une opération inédite qui va se faire et je crois que fondamentalement, la vie du président serait en danger", a-t-il dit.

Juste Codjo pense aussi qu’au "delà de la menace à la vie du président, une telle intervention aurait aussi des répercussions énormes dans la sous-région. Elle servirait par exemple à rallier davantage de nigériens autour de la junte et aussi à ouvrir une porte de plus à la consolidation de l’influence russe naissante dans la région et aiderait à renforcer davantage le sentiment anti-français, anti-occidentaux qui se développe de plus en plus dans la région."




 
 

 
 
 

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