Bénin/justice

Ousmane Batoko : du pourfendeur au laudateur du président Patrice Talon

Judicaël C. GBETO 25/04/2020 à 10:38

Homme de droit de rang exceptionnel, le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a présidé le mardi dernier, l’audience solennelle d’installation du président de la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Cérémonie au cours de laquelle il a jeté des fleurs à Patrice Talon dont il a récemment décrié la méthode de gouvernance.

Yayi aux oubliettes ? Juste une question parce que désormais, le président de la Cour suprême Ousmane Batoko loue le sens d’écoute et la sensibilité de Talon. Il n’y a pas bien longtemps, le patron de la Cour suprême, n’a pas pu cacher ses intentions sur la gestion de Me Joseph Djogbénou et par ricochet celle de la rupture. Invité au Colloque scientifique organisé par la Cour constitutionnelle, à la mi-septembre 2019, Ousmane Batoko dans un discours inattendu, avait sans ambages exprimé sa déception après 15 mois de gestion du Professeur Joseph Djogbénou. Pour lui, « Certaines décisions du juge constitutionnel béninois ont en effet ébranlé bon nombre de juristes africains dans leur certitude scientifique… Ce juge semble avoir sonné le glas de la démocratie au Bénin ».

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Sept mois après avoir attaqué le pouvoir en place, le voilà qui préside l’audience solennelle d’installation du président de la Chambre des appels de la CRIET, Cyriaque Dossa. Moments favorables pour Ousmane Batoko de féliciter le chef de l’Etat Patrice Talon et de louanger « son sens d’écoute » et sa « sensibilité aux critiques ». Ce retournement de situation semble annoncer la nouvelle position du désormais ancien homme de confiance de Boni Yayi. C’est sous l’ancien président de la République qu’il a été nommé (février 2011) et reconduit pour un second mandat de 5 ans qui prendra fin en février prochain. Et depuis l’avènement de ce pouvoir, il a pris des positions qu’il a jugées objectives mais moins favorables au régime Talon. Son fameux discours en septembre dernier en est une illustration. Mais depuis mardi dernier, on ne peut plus en dire autant. Le clin d’œil pourrait être vu comme une initiative de trop. De toute façon, l’homme de droit semble ne plus être assez agacé par la gouvernance au sommet de l’Etat. Que peuvent cacher alors, ses yeux doux à Talon ?

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