Monde/Anniversaire

05 ans, l’attentat de « Charlie Hebdo ». La liste des morts, les larmes de Boni Yayi

« l’affaire Sounouvou », Dossier !

Judicaël C. GBETO 7/01/2020 à 08:06

C’est encore frais dans les mémoires. En tout cas dans les mémoires des parents et amis des victimes ; mais aussi dans celles des chasseurs et gardiens des informations. On se rappellera toujours ce jour noir, ce mercredi 7 janvier 2015, ce matin là où il sonnait exactement 11h30. Il y a donc cinq ans que les frères Kouachi tuaient douze personnes dans l’attaque des locaux du journal « Charlie Hebdo » à Paris. Consternation totale. Boni Yayi, encore au pouvoir, très touché, avait coulé des larmes. On doit aussi se souvenir de ces propos : « Autant qu’à Paris, monsieur le Président, soyez Charlie pour les journalistes de l’Ortb. Libérez l’Ortb pour des débats contradictoires, permettez la libre expression sur la chaîne publique ». Le devoir de mémoire nous conduit à ces souvenirs.

L’émotion reste ardente cinq ans après le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo à Paris, le 7 janvier 2015. Devoir de mémoire. Le 7 janvier 2015, comme tous les mercredis, le dernier numéro de Charlie Hebdo est en kiosque. Vers 11h30, deux hommes encagoulés, vêtus de noir et armés de kalachnikovs, pénètrent dans les locaux de l’hebdomadaire satirique, dans le 11e arrondissement de Paris. Ils assassinent douze personnes : Frédéric Boisseau, agent de maintenance, les dessinateurs Wolinski, Cabu, Charb, Tignous et Honoré, l’économiste Bernard Maris, Michel Renaud, en visite au journal, Franck Brinsolaro, le garde du corps de Charb, Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse à Charlie, Ahmed Merabet, policier et Mustapha Ourrad, correcteur. Les deux terroristes s’enfuient en criant « Le Prophète est vengé » ou encore « On a tué Charlie Hebdo ». Les tueurs de l’attentat, revendiqué au nom d’Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) sont rapidement identifiés : deux frères, Cherif et Saïd Kouachi. Ils furent appréhendés, mais la douleur et l’émotion restèrent vives. De partout de la surface de la terre des désolations et messages de soutien. Du Bénin aussi. Le Président Boni Yayi était encore au pouvoir. Il était aussi choqué au point de verser des larmes aux Champs-Elysées.

Les larmes de Boni Yayi qui contrastent avec...

Dans cette affaire parisienne le président Boni Yayi a fait l’objet de beaucoup de critiques à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ces critiques sévères se basent sur le fait que le Chef d’Etat est très maladroite et sans personnalité. Il faut rappeler que le Président Docteur avait été le président Africain qui avait trop pleuré les victimes Françaises de « Charlie Hebdo ». Le comble, il a décrété un jour de deuil national pour exprimer sa solidarité et sa compassion envers le peuple Français. Pourtant l’Afrique enregistre tous les jours des milliers de morts dans les attaques terroristes. Les victimes des attentats de Boko Haram se comptent par milliers. Au Kenya, il y a eu un attentat terroriste à l’université de Garissa qui avait fait plus de 140 morts à l’époque. Au Mali, il y a eu des attentats terroristes, au Nigéria également et dans bien d’autres pays africains. Yayi Boni n’a jamais exprimé une quelconque compassion même dans un discours, encore moins de pleurer ou de décréter un jour de deuil national pour tous ces innocents africains morts. En coulant des larmes aux Champs-Elysées, Boni Yayi avait déshonoré l’Afrique. On ne lui interdit pas de compatir aux côtés de la France, mais est-ce qu’il faisait pareil en Afrique ? Pourquoi ce président est seulement sensible aux morts en France et insensible aux morts d’Afrique ? On se rappelle de l’affaire du journaliste Ozias Sounouvaou.

Ozias Sounouvou, le martyr qui voulait mieux pour son pays …

On a souvenance de l’impressionnante marche ayant eu lieu à Paris le dimanche 11 janvier 2015 pour rendre hommage aux disparus de « Charlie Hebdo », et à laquelle prenait part le président Boni Yayi. Pourtant, dans son pays la liberté d’expression n’est pas chose réelle. C’est avec surprise et bonheur que dans le JT de 23h, le lundi 12 janvier 2015, que Ozias Sounouvou, journaliste à l’Ortb venait de jeter un sacré pavé dans la mare. « Autant qu’à Paris, monsieur le Président, soyez Charlie pour les journalistes de l’Ortb. Libérez l’Ortb pour des débats contradictoires, permettez la libre expression sur la chaîne publique ». Voilà en somme, la substance des déclarations du journaliste à la fin de l’édition du « JT ». Il faut dire que si l’un des journalistes de la chaîne de télévision nationale prend la parole en plein journal pour décrier le fait que la chaîne publique soit quelque peu muselée par le régime d’antan, cela laisse clairement supposer qu’il y a un problème. Quelle vérité se cache derrière de tels propos ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que l’opinion publique semble clairement craindre le fait que des représailles soient prises à l’encontre du « journaliste rebelle ». Si l’homme de presse a lui-même évoqué l’ « impertinence » au moment de qualifier ses déclarations, nombreuses sont les personnes qui au Bénin, saluent un acte de hardiesse. Le journaliste a d’ailleurs reçu le soutien de certaines organisations de la société civile et bien d’autres. Depuis cette soirée, il est en quelque sorte devenu le Charlie Hebdo béninois, inspirant même le slogan « Je suis Ozias Sounouvou ». L’exil était forcé. On connait la suite du feuilleton. C’était un devoir de mémoire de gardiens du temple.




 
 

 
 
 

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