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Bénin : 11 décembre est une date, mais elle a 02 significations, selon le parti communiste

L’investigateur 10/12/2020 à 19:15

C’est à travers une déclaration que voici que les communistes ont donné la double signification que revêt le 11 décembre au Bénin. Lire les détails dans un extrait de leur déclaration.

ONZE (11) DECEMBRE : UNE DATE, DEUX SIGNIFICATIONS

Posez la question à n’importe quel élève du Bénin quelle signification il donne à la date du 11 décembre. La réponse sera sans équivoque : le 11 décembre c’est la date de la Constitution du Bénin. Et que dit la Constitution du 11 décembre du Bénin ? « C’est la Démocratie, c’est l’Etat de droit ». Certains experts en la matière et qui vivent de sa publicité diront même que c’est la « meilleure Constitution au monde ». Et on la célèbre par monts et vallées ! Donc pour beaucoup de nos citoyens notamment, la jeunesse, la date du 11 décembre, c’est seulement 11 décembre 1990, celle de la promulgation de la Constitution béninoise.
Mais en fait, le 11 décembre revêt deux significations.

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I- A l’origine de la démocratie béninoise actuelle, en tant qu’Acte fondateur, la révolution insurrectionnelle du 11 décembre 1989 qui a renversé la dictature autocratique de KEREKOU-PRPB.

Ce jour-là sur appel de la Convention du Peuple et du Pari Communiste du Dahomey (aujourd’hui Parti Communiste du Bénin) par dizaines de milliers, le peuple de Cotonou déferla dans la rue au mépris des baïonnettes et des gourdins, pour jeter à bas le régime pourri, despotique et antipatriotique de Kérékou-PRPB. L’acte emblématique qui a exprimé cette révolution a été que Kérékou, le despote, a été lapidé par le peuple insurgé et a dû se réfugier à l’Eglise St-Michel de Cotonou. Cette révolution du 11 décembre 1989 n’a été que l’aboutissement d’un mouvement populaire commencé depuis le mois de janvier 1989 avec la grève générale des élèves, étudiants et travailleurs de toutes catégories. Le mouvement, pendant des mois, avait par touches progressives, déchiré la Loi Fondamentale, la Constitution autocratique qui avait instauré la pensée unique, enfermée dans des Institutions uniques telles le Parti unique, le PRPB, une Confédération Syndicale Unique de Vilon GHEZO (UNSTB), une Organisation Unique des Femmes de Rafiatou KARIM (OFRB), une Organisation Unique de Jeunesse (OJRB) avec pour patrons à l’époque, BATOKO Ousmane et surtout HOUDOU Ali etc. Toute grève, toute presse (en dehors du journal unique gouvernemental EHUZU) était interdite ; était interdite toute liberté de réunion, d’association, toute manifestation, et leur violation était sévèrement réprimée.

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L’exemple de l’étudiant Luc TOGBADJA, assassiné seulement parce que trouvé porteur d’un tract, exprimait bien la situation. Un peu comme, actuellement avec le pouvoir de dictature autocratique de Patrice Talon, à la seule différence que la pensée Unique se diffracte et se propage dans des organes de presse divers, des Confédérations syndicales diverses, des Partis Jumeaux ou Quadruplés mais répétant le même son, la même cloche
Tout le long de l’année 1989, les masses insurgées en allant en grève, en faisant des manifestations, en publiant des tracts et même des journaux d’opposition, passaient outre ces interdictions constitutionnelles et par conséquent déchiraient par petites touches, la Loi Fondamentale. La révolution insurrectionnelle du 11 décembre 1989 n’en a été que le couronnement de ce mouvement, mettant fin au Régime despotique. Les libertés avaient été donc conquises et il ne restait qu’à les consacrer dans une Constitution.
Le 11 décembre 1989 signifie donc fondamentalement la révolution populaire contre la Dictature autocratique de Kérékou-PRPB et non pas autre chose. Et le Peuple béninois se doit de la commémorer comme référence pour en faire autant, sinon mieux face au défi actuel, le despotisme de Patrice Talon.

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II- L’adoption du 11 décembre 1990 comme référence de la Constitution béninoise,expression de la victoire sur le Peuple.

En fait le référendum constitutionnel qui a adopté la Constitution de 1990 a été effectué le 02 Décembre 1990. Mais pourquoi l’a-t-on fait promulguer un 11 décembre 1990 ? C’est à dessein. Et pour cause.
Le fait que le peuple devienne, le temps d’un moment, maître du Jeu politique au Bénin avec comme inspirateurs et fédérateurs le Parti Communiste du Béni, la Convention du Peuple et la Coordination des Comités d’Action, mettait en danger les intérêts économico- géostratégiques de la France coloniale au Bénin et en Afrique. Il fallait y mettre fin. Toutes les forces alliées, morales, intellectuelles, religieuses, politiques, sectaires et autres de la FrançAfrique sont mises en ordre de bataille pour sauver l’empire français qui peut prendre eau à partir de Cotonou. Il fallait à tout prix éviter la révolution patriotique.
D’où le scénario de la Conférence Nationale directement dictée par le Président français, François Mitterrand à Kérékou et qui n’a été qu’une Vaste Opération de récupération par la France coloniale et ses hommes de main béninois, des exigences populaires matinées à la sauce haute bourgeoise et pro-impérialiste. Il faut donc nier et effacer de la mémoire collective, comme exploit du peuple, le 11 décembre 1989.

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Et pour le faire, les éléments de la FrançAfrique tels Robert Dossou et autres ne trouvèrent d’autre astuce que de faire promulguer la Constitution un 11 décembre1990. La date du 11 décembre 1990 signifie simplement la victoire de la France coloniale et ses nombreux réseaux pro-impérialistes français sur le peuple béninois. Cela dit, que représente la Constitution de 1990 dans l’historiographie béninoise ?

III- Ce que représente dans l’historiographie béninoise, la Constitution du 11 décembre 1990.

La Constitution béninoise du 11 décembre 1990 présente deux aspects à la fois opposés et contradictoires.
1°- Dans le premier aspect, elle a consacré dans leur grande ligne, les libertés fondamentales générales arrachées par le peuple le 11 décembre 1989. La trentaine d’articles qui y sont consacrés expriment bien cette réalité. Comme nous l’avons souvent souligné, ces libertés n’ont pas été conquises à la Conférence nationale, mais dans les larmes et le sang, dans les rues et en particulier le 11 décembre 1989. Ces libertés, bien que profitant plus aux hauts bourgeois et possesseurs de capitaux qu’aux communistes, le Parti Communiste du Bénin se bat et se battra pour leur sauvegarde. Toutes les alliances nouées par le PCB avec les autres forces démocratiques en vue de la défense de ces dispositions constitutionnelles en sont les illustrations.

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2°- Dans le second aspect et dans une très grande mesure, la Constitution du 11 décembre a consacré le règne de l’impunité des crimes économiques et politiques et l’antipatriotisme. Au nom de « tolérance » de lutte « contre la violence et pour la paix », la Constitution du 11 décembre a sacralisé les dispositions protectrices des criminels économiques et politiques avec comme premier exemple, la loi portant immunité personnelle accordée au Chef des Criminels, Mathieu Kérékou. Et l’on a passé pour pertes et profits, les morts tels les Luc TOGBADJA, les AKPOKPO GLELE Rémy, les Michel AIKPE etc. Et ce même sans jugement des tortionnaires et sans réhabilitation des victimes ! La Constitution du 11 décembre a consacré non seulement le règne de l’impunité, mais encore et surtout le règne de l’argent et de la corruption généralisée en rejetant tout contrôle populaire et citoyen sur la gestion du bien public. Elle a pérennisé la domination culturelle et linguistique avec l’hégémonie du français comme seule langue officielle Enfin, elle a constitutionnalisé l’intervention étrangère dans nos affaires intérieures en l’article 66. Ce sont ces dispositions qui permirent l’arrivée au pouvoir d’un Patrice Talon qui lui-même n’hésite pas à reconnaître qu’il est un produit du système pour en avoir été l’un des principaux animateurs et profiteurs depuis au moins 1990. En résumé, la Constitution du 11 décembre 1990 a été, dans l’historiographie béninoise, le produit d’un rapport de forces entre le peuple (qui a poussé jusqu’à un niveau donné son effort de souveraineté) et la horde de pro-impérialistes (rappelés à l’ordre par la France coloniale) pour le maintien de l’Enclos français qu’est le Bénin. Autrement dit, la Constitution du 11 décembre 1990 a constitué une victoire momentanée des pro-impérialistes sur le peuple. (...)

Cotonou, le 10 décembre 2020

Le Parti Communiste du Bénin




 
 

 
 
 

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