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Bénin, Fred Houénou adresse une lettre ouverte au président Patrice Talon

L’investigateur 17/11/2020 à 09:17

Ancien conseiller technique de Boni Yayi et du ministre Alain Orounla de la communication, Fred Houénou vient d’adresser une lettre ouverte au président Patrice Talon. Lisez plutôt

Lettre ouverte de Fred HOUENOU au président de la République

A son Excellence monsieur le président de la république.

Monsieur le président, à cette heure ci, le politiquement correct ou même la raison aurait voulu que je me taise si tant est que je me sens toujours comme un de vos inconditionnels soutiens.
Mais ce n’est ni la raison ni le politiquement correct qui me guident à présent. C’est plutôt le cœur et lui ne connaît que le langage de la vérité et du courage.

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Comme tout bon béninois, je me réjouis de vous voir parcourir les pistes et sentiers de notre pays à la rencontre de nos compatriotes. Des gens simples qui ne sortent jamais à la télévision, qui n’interviennent jamais à la radio et encore moins sur les réseaux sociaux pourtant ne sont pas moins représentatifs du Bénin authentique , vivant et profond. Je suis convaincu qu’à leur contact, vous redécouvrirez les valeurs enfouies dans l’âme de notre grand peuple et qui font du Bénin cette terre si attachante que nous avons tous la responsabilité en tant que citoyens de protéger et d’en conserver la Concorde pour les générations futures.

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Monsieur le président, j’espérais aussi qu’à cette occasion vous apportiez une réponse Claire et précise à la préoccupation de bon nombre d’entre nous ; mouvanciers, opposants ou non-alignés qui en définitive ont en cœur et la bouche qu’une seule question : A quand la fin du « serrage des ceintures «  ?
En effet monsieur le président, depuis votre investiture en tant que chef de l’état, vous avez demandé à tous vos compatriotes de serrer la ceinture afin de faire face aux ambitions nouvelles que vous proposez pour notre pays. Non sans mal, tous ont accédé à cette demande. Avions-nous eu vraiment le choix ? Non. De toutes les manières votre feuille de route a été mis en branle, et les béninois se sont mis au pas tout en constatant que la recrudescence de la précarité et de la pauvreté, ils l’ont mis sur le compte du serrage de ceinture nécessaire à la construction d’un Bénin meilleur. Mais monsieur le président, contre toute attente, vous avez déclaré à savè que la » non circulation de l’argent » dont se plaignent les béninois est dû à la fermeture des Vannes de l’argent volé par les élites politiques et cadres nommés à divers niveaux. Qui oserait vous contredire, vous qui êtes depuis trente ans dans les arcanes de la politique béninoise, qui avez contribué à l’élection de chefs d’état, de députés et à la nomination de ministres et de cadres. Vous les connaissez si bien qu’aucune réaction n’a été enregistrée à ce jour suite à cette déclaration pour le moins offensante. Mais traiter par la même occasion tout un peuple de receleur est inquiétant sur l’état de déliquescence morale de notre pays. Surtout que je ne vous ai pas vu ces quatre dernières années sur le chantier du réarmement moral de notre peuple.

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Soit monsieur le président, si ce n’est pas le serrage de ceinture qui fait que les béninois se plaignent, quel a donc été l’utilité du serrage que vous nous avez imposé ? Et quelles ont été ses conséquences dans la vie des béninois ? Et surtout si tous les fonctionnaires ont leur salaire et que les pays qui vendent du coton ont leur argent ? Et que cela suffise pour ne plus se plaindre, pourquoi solliciter encore un autre mandat ( si toute fois vous le faites) ?

Que pourriez vous apporter davantage aux béninois si ce n’est pour les aider à desserrer la ceinture. Et comment pouvez le faire si vous ne connaissez pas la conséquence de ce serrage de ceinture sur leur quotidien ?
Monsieur le président, je voudrais pour finir vous faire une confidence, il y’a des centaines de travailleurs recrutés par votre gouvernement qui sont sans salaire depuis des mois. Qui servent l’état mais n’arrivent pas à nourrir, loger, soigner, vêtir une famille. On me dira que c’est l’administration qui est en est la cause mais vous êtes le chef de l’administration et de plus vous avez promis la réformer pour la rendre plus efficace.

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Enfin je vous souffle que les revendications en matière d’emploi, ne sont pas des atermoiements de politiciens, elles expriment la volonté du jeune d’être utile à lui-même, à sa famille, à sa communauté et à sa nation. En tant que père, vous devriez y être plus sensible.

Excellence monsieur le président, vous avez dit un jour, les partisans les plus dociles sont ceux qui n’ont aucun talent. Je ne suis certainement pas le plus talentueux de vos partisans mais je suis un insoumis au politiquement correct et la raison. Je vous ai dit en bon fils ce que j’ai sur le cœur parce que je veux que les béninois retiennent de vous, pas seulement votre courage mais aussi votre générosité. Car le Bénin qui s’annonce à nos portes sera celui du courage, de la générosité et de la vérité.

Fred Senan HOUENOU




 
 

 
 
 

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