Bénin

Fred Houénou : « les milliards de dettes étouffent le, Bénin », selon l’ex-collaborateur de Orounla

L’investigateur 15/10/2020 à 18:12

Dans une lettre adressée à la classe politique pendant la commémoration du 5ème anniversaire de décès du Général Mathieu Kérékou, Fred Houénou en a profité pour opiner sur l’état économique du Bénin. A l’en croire, les dettes étouffent le Bénin. Il n’a pas été du tout tendre avec la classe politique qui selon ses dires, ne pense pas à la jeunesse. Lire sa lettre ouverte.

Fred HOUENOU adresse une lettre ouverte à la classe politique

Chers aînés, chers congénères,
Aujourd’hui 14 octobre 2020, nous nous souvenons du cinquième anniversaire du rappel à Dieu de notre cher et regretté patriarche le Général Mathieu KEREKOU.
Il y’a cinq ans à l’annonce de son décès tout le gratin politique béninois ; tous ceux qui ont été ses fidèles alliés politiques comme ses adversaires les plus farouches se sont tous rués chez lui pour témoigner à sa veuve , à sa famille et au peuple béninois leur condoléances et compassion pour la disparition d’un grand humaniste, d’un grand démocrate et d’un grand républicain.

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Chaque génération donc d’hommes politiques de 1972 à ce jour en ce la concerne porte en elle une part de l’héritage de ce grand homme dont la providence nous a fait cadeau. Elle doit , toujours sans le savoir quelque à notre pays.
Aujourd’hui trente années après l’historique conférence des forces vives de la Nation de février 1990 dont il aura été le principal artisan, le Bénin est de nouveau à la croisée de chemins. Beaucoup de questions méritent des réponses claires et précises. Sommes-nous toujours une Nation ? De qui notre République sert elle les intérêts ? Dans un monde devenu un village planétaire, pesions nous davantage en tant que pays ?

Chacun en son âme et conscience répondra à ces questions.
En ce qui me concerne je crois que consciemment ou inconsciemment nous nous contentons chaque cinq ans de conserver le plus longtemps possible des acquis dépassés au lieu d’inventer l’avenir. Voilà pourquoi nous sommes toujours au pied du mur.

Nous avons tourné dos à notre jeunesse. Voilà pourquoi nous n’avons ni avenir ni espérance. Car c’est lorsque la jeunesse commence par devenir une espérance que l’histoire nationale cesse d’être un éternel recommencement pour devenir une invention.

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Si nous continuons de louvoyer, spectateurs impuissants du lent déclin moral et économique de notre pays, au lieu de changer radicalement de cap pour porter les réformes que le 21ème siècle rend impérative, nous aurions délibérément choisi de sacrifier l’avenir de nos enfants.
Il nous faut absolument miser sur notre jeunesse comme le font les peuples qui s’en sortent.

On dit ici que la jeunesse béninoise est sans conviction, sans foi, sans valeurs, et pourtant moi je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté ni résignation mais une force qui attend son heure. Cette force, elle peut-être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits. Je n’ai jamais senti autant de lucidité et d’exaspération face au blocage de notre société que chez la jeunesse.
Mais cette force elle peut-être aussi destructrice si nous continuons d’exercer le pouvoir comme une fin en soi. Trop de promesses déçues. Trop de souffrances sociales. La politique est en état d’urgence. Le chômage s’étend, les milliards de dettes nous étouffent. Le parti des désespérés s’agrandit au jour le jour. Faisons attention !
Merci et pieuse commémoration à tous.
@FAH...




 
 

 
 
 

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