Chronique

Coup Franc : Alexis Azonwakin met les projecteurs sur Reckya Madougou

L’investigateur 15/08/2020 à 13:10

Par Alexis Azonwakin

Leader politique de classe exceptionnelle, femme entrepreneure, militante acharnée de l’économie inclusive, Reckya MADOUGOU est une femme d’exception, débordante d’énergie et qui sait allier charme, intelligence, élégance et dextérité pour aplanir n’importe quelle montagne sur son chemin.

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L’étendue et l’immensité du personnage sont telles, qu’il faut un symposium de plusieurs jours pour parler de sa vie et de ses œuvres. Elle va vite et voit loin, pouvait écrire d’elle, le célèbre magazine panafricain Jeune Afrique qui en Janvier 2015, l’a d’ailleurs classée parmi les 50 africaines les plus influentes au monde. Son poste d’ancienne Ministre chargée de la microfinance, de l’emploi des jeunes et des femmes, de même que celui régalien de Garde des sceaux, Ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Porte-parole du gouvernement de 2008 à 2013, ont fait d’elle, l’une des voix les plus autorisées du continent dans le domaine de l’inclusion financière et de l’entrepreneuriat des jeunes, et une femme de pouvoir des plus accomplies. Sa rage de vaincre tranche radicalement avec toutes les théories, des plus abjectes aux plus réductrices, sur la place de la femme dans nos sociétés, sous influence des mâles dominants, égoïstes, possessifs, et qui la perçoivent comme un enjoliveur, utile juste pour le décor. Dans une perspective plus réductrice, elle est aussi perçue comme un simple objet de jouissance, d’attraction, une grosse machine reproductrice du genre humain, à haute intensité de soumission absolue, taillable et corvéable à merci.

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Depuis des temps immémoriaux, beaucoup de femmes, bien que nées libres, sont partout dans les fers, obligées qu’elles sont de vivre sur les bas-côtés de la chaussée. L’humanité n’est-elle pas ainsi devenue pour la femme, ce que l’animalité est à l’animal ? Combien ne sont-elles pas à subir, les affres du fouet, de l’épine et marquées au fer chaud, dans un désert de monstres, où leurs voix grisonnantes, restent sans échos ? Les récits nous rapportent au quotidien le calvaire de ces femmes sans défense, qu’on mène à la boucherie, et sur qui dans l’urgence du moment, des fauves libidineux se jettent à califourchon, dans le vil dessein de déposer dans leurs entrailles, le venin maudit de leur masculinité. Bêtises humaines !

Ils sont encore légion, ces divorcés sociaux, d’ailleurs enviés par le diable qui, sidéré par leur perfection dans le mal, vient s’asseoir pour prendre des leçons, les instants de l’assouvissement de leur sale besogne et de leur bestialité.

Ce mal-être des femmes persiste malheureusement dans notre univers, à cause du silence de la grande majorité d’entre elles, qui préfèrent la tranquillité de la loi du silence et de la fatalité, plutôt que celle de l’action. Et à Albert EINSTEIN de nous rappeler que : « Le monde est si dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

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Oui nombreuses sont-elles, qui refusent de croire, qu’elles peuvent et doivent braquer leur destin, afin de tracer le chemin de l’émergence de leur autodétermination et de leur droit à disposer d’elles-mêmes. Et pourtant, l’histoire nous enseigne sur la farouche détermination de plusieurs femmes ayant accepté d’être de la race des gens mal-adaptés, et qui ainsi, ont refusé de se rendre complices de la malice d’un ordre établi contre l’égalité de tous. Arundhati ROY, activiste politique indienne, auteure du livre « le Dieu des petites choses » qui lui a valu le prix Booker en 1997, était si convaincue de la justesse de son combat qu’elle a pu s’écrier : « on ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents. » De son côté, Eunice KENNEDY SHRIVER, créatrice des Jeux Olympiques Spéciaux en 1968, croyait fermement que si l’on donnait les mêmes opportunités aux personnes handicapées mentales, celles-ci pourraient aller beaucoup plus loin, que ce que l’on imagine. Enfin Rosa PARK, pouvait admettre qu’« il faut vivre sa vie en essayant d’en faire un modèle pour les autres. » Elle est surtout connue comme la mère du mouvement des droits civiques et est devenue, une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, lorsqu’elle fut arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un passager blanc, dans le bus de Montgomery dans l’Etat de l’Alabama.

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Aujourd’hui encore plus qu’hier, et demain plus qu’aujourd’hui, l’humanité tout entière a grandement besoin de braves femmes qui savent marquer la différence, et qui seront capables de dire à toutes les autres, encore fébriles et apathiques, qu’elles sont des étoiles dans le ciel et que le monde les regarde. Que par leur simple présence, elles peuvent envoyer un message à chaque village, à chaque ville, à chaque pays et au monde entier. Un message d’espoir et de victoire.

Proclamons partout que le combat de notre jeune compatriote Reckya MADOUGOU, femme d’audace et d’une exigence morale sans faille, s’inscrit parfaitement dans ce registre. Sa bravoure, sa noblesse et sa délicatesse, sont caractéristiques des aptitudes intrinsèques d’une tigresse conquérante, visionnaire, déterminée et persévérante. Pur diamant de la dynastie guerrière des femmes leaders, elle jouit d’un parcours académique exemplaire. Dynamique et dotée d’une grande capacité d’anticipation, c’est depuis son jeune âge qu’elle a révélé ses penchants pour le leadership, en intégrant la Jeune Chambre Internationale pour devenir déjà à 18 ans, la vice-présidente de la section du Bénin. Successivement, elle a obtenu un diplôme d’ingénierie commerciale en 1998 à l’Institut supérieur européen de gestion de Lille, puis celui de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales de Paris, option affaires internationales, avant de faire ses premiers pas dans l’apprentissage des mécanismes de financement des micro entreprises, avec le Microcredit Summit Campaign aux USA, puis récemment à Harvard Kennedy School dans le programme « Driving Government Performance », dont elle obtient le parchemin en 2018.

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Christiane TAUBIRA, ancienne Garde des Sceaux française, qui a préfacé son premier essai « Mon combat pour la Parole : les défis d’une mobilisation citoyenne pour la promotion de la gouvernance démocratique », a pu déclarer qu’elle est : « la promesse d’une Afrique qui ne se démet pas, d’un pays qui ne se renie pas, d’une jeunesse qui ne renonce pas. » Ceci est si vrai qu’on ne peut occulter sa témérité politique qui l’a révélée à l’opinion internationale par son militantisme associatif à travers la célèbre campagne : « Touche pas ma Constitution », en guise de combat pour la préservation des acquis démocratiques au Bénin. Comme un véritable globe-trotter, elle a parcouru et continue d’ailleurs de parcourir le monde entier en qualité de conférencière sur les questions de démocratie, de leadership, d’autonomisation des jeunes et des femmes. Sa devise est bien trouvée : « agir aujourd’hui et maintenant, pour ne plus ne plus subir. »

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Aujourd’hui, très active au Togo, où elle apporte son expertise au gouvernement de ce pays, Reckya MADOUGOU compte assurément parmi les femmes influentes de notre époque et empile, plusieurs récompenses grâce à son incontestable talent dont : la prestigieuse distinction “Woman of Courage Award” par le gouvernement américain en 2007, Commandeur de l’ordre national du Bénin en 2012, Commandeur de l’ordre national du Togo en 2014 etc. Reckya MADOUGOU, mignonne comme un cœur a du style et de la classe. Son sourire, véritable régal à l’oreille comme au visuel est ravageur. L’irrésistible et outrecuidant chroniqueur que je suis, donnerais tout l’or du monde pour conquérir son charme. Mais hélas !




 
 

 
 
 

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