Coup de Poing

De Omar Tchomogo à Michel Dussuyer !

Appolinaire GOLOU 7/09/2019 à 12:50

Attitude sibylline. Comportement crasse. Le mépris des sélectionneurs de l’équipe nationale du Bénin vis-à-vis de la presse laisse un goût amer. Du Béninois Omar Tchomogo en passant par le Français Michel Dussuyer, la méthode n’a pas varié. Jamais, l’ancien gardien de l’OGC Nice qui a choisi de marcher sur les pas de son prédécesseur, Oumar Tchomogo, ne réussira à l’effacer de la mémoire collective des hommes des médias. Du pareil au même ! Or, dans leur façon de procéder, ils font le lit au malaise sur fond d’antagonisme Presse-Sélectionneurs. Pouvant servir par ailleurs de terreau fertile, susceptible d’iconiser la rivalité entre deux corps de métier, appelés à travailler en étroite collaboration pour la bonne marche du sport roi au Bénin. C’est à croire que certains entraîneurs des Ecureuils choisissent délibérément de se complexifier la tâche. Sinon, se mettre la presse à dos, semble-t-il, est leur sport favori.
Appelé au débotté à se faire les dents sans le grade requis à la tête de l’équipe nationale, l’ancien capitaine des Jaunes, Omar Tchomogo n’a jamais pris le soin de venir justifier le choix des joueurs devant les médias. Protégé qu’il était par un camp qui lui faisait comprendre sûrement que c’était la meilleure méthode, il s’est rarement conformé à la norme. Affichant ouvertement une haine à l’endroit des journalistes sportifs, l’ancien international béninois s’est au final, planté, faute de résultats. Et, du fait de ses contre performances, la presse a retrouvé à travers lui, un adversaire à abattre plutôt qu’un sélectionneur qu’il faut à ses débuts, accompagner. Par doux euphémisme, on pouvait déduire que le double buteur du Bénin lors de l’ultime match des éliminatoires de la CAN Ghana 2008 contre la Sierra Léone s’est mis tout seul en difficulté. Car, ce fut échec et mat ! Si on fait le condensé de son passage à la tête des sélections nationales. Le naufrage de Bamako 5-2 (éliminatoires CAN Gabon 2017) et la chute dans la course à la qualification au CHAN face au Nigeria n’ont guère plaidé pour lui. Des résultats qui en somme, sont restés en travers de la gorge aux fans des Ecureuils. Faisant de lui, un personnage maudit à la tête du Foot béninois.
A l’opposé, son successeur Michel Dussuyer a réussi quant à lui, à offrir au Bénin, les ¼ de finale dans une phase finale de CAN qui, en réalité, constituent son plafond. Lui-même n’ayant jamais franchi cette étape sur l’ensemble de ses participations avec différents pays. Du coup, face à un tel résultat jamais obtenu par le Bénin, le natif de Cannes ne pouvait que s’attendre à ce que l’employeur lui tresse des couronnes. Partant, sa promotion au lendemain de cet exploit qui permit au Bénin de revenir neuf ans après sur le continent, tombe sous le sens. Par voie de conséquence, l’ancien sélectionneur du Syli National de Guinée a été nominé au détour des oscars, sanctionnant la fin des championnats D1, D2, D3, « meilleur entraîneur du Bénin de tous les temps ». Les dirigeants ont-ils poussé le bouchon loin ? Ou est-ce une distinction justifiée ? Nul ne peut le dire. Mais, idolâtré par les décideurs du foot béninois avant la Can, Michel Dussuyer, pour seulement deux CAN (2010 et 2019) avec le Bénin a été starifié. Alors, question : un sélectionneur qui en une décennie conduit le Bénin avec brio dans deux distinctes éliminatoires, mérite-t-il d’avoir une figurine érigée en son honneur devant la Marina ? Qu’en serait-il alors de celui qui emmènerait les Ecureuils au sacre définitif un jour ou de celui qui permettrait au Bénin de décrocher son premier ticket pour une phase finale de coupe du monde ? Logiquement face aux poussières de louanges, Michel Dussuyer perd ses habitudes. De facto, il rappelle à travers sa nouvelle attitude que dans le football béninois, toute tradition répondant aux exigences du sport roi, peut avec le temps, s’éteindre progressivement comme une bougie de Noël. L’exercice qu’il savait faire au mieux : justifier ses choix devant la presse, n’est plus à son goût.
La correlation ainsi établie entre lui et son prédécesseur, Oumar Tchomogo étant faite, on en déduit que le déficit de communication devient un caractère de trait commun aux deux. Même si du point de vue des résultats avec les Ecureuils, il n’y a aucune similitude. A 48 heures du match Bénin vs Côte d’Ivoire, personne ne peut dire avec exactitude, à quels critères répondent les choix des joueurs. Encore moins pour la confrontation du 09 septembre prochain face aux Fennecs d’Algérie.
Mais à vrai dire, on ne peut justifier les choix de joueurs d’une équipe nationale à travers les médias sociaux. Voilà pourquoi ses confidences au Média Officer semble-t-il, sont beaucoup plus tirées par les cheveux. En vérité, ce pied de nez de l’ancien gardien de l’AS Cannes qui n’est peut-être le dernier aux professionnels des médias, ne répond pas aux fondamentaux du football.
En définitive, il est souhaitable que le sexagénaire vienne expliquer à chaque regroupement des Écureuils, ses choix aux hommes des médias qui ont le devoir d’informer les 11 millions de Béninois. Le peuple a besoin des nouvelles des Ecureuils.
Appolibaure Golou




 
 

 
 
 

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