Bénin/crise post-électorale

Un Bénin a deux visages pour quels impacts sur le retour à la paix ?

Appolinaire GOLOU 16/10/2019 à 14:08

Longtemps adulé de toutes parts, le génie béninois a perdu de sa superbe. A cause de leur mésentente, les acteurs politiques n’arrivent pas encore à accorder leurs violons. Ce qui s’est ressenti ce week-end où le Bénin est sorti avec deux dialogues différents. Un dénommé dialogue politique national d’une part, et le second, assises de la résistance d’autre part. Cela dit, on ignore pour l’instant quels pourraient être les impacts des différentes assises pour un retour de la paix tant recherchée.

Les fissures nées des dissensions, conséquences des dernières élections législatives du 28 avril 2019 sont encore loin d’être cimentées. Pour s’en convaincre, les acteurs politiques qui peinent à taire leurs divergences et de ce pas, lancer la colombe de paix, ne parviennent pas jusqu’à preuve du contraire, à s’entendre. Pour désapprouver l’initiative du gouvernement de la Rupture notamment de son chef Patrice Talon qui en a appelé au dialogue, l’opposition a sorti son joker. Or, mu certainement par le souci de faire baisser la tension, Patrice Talon a invité la classe politique au dialogue, mais sur son chemin s’est dressée l’opposition. C’est la raison qui a motivé le dialogue dénommé les « assises de la résistance », organisé en réaction au dialogue du pouvoir ce week-end au Chant d’Oiseau de Cotonou par les opposants qui ne tarissent pas sans doute d’imagination. Pour peu qu’il s’agisse des actions à entreprendre pour coiffer le régime en place au poteau. Pour cela, sous la coupole de l’ancien chef d’Etat Nicéphore Soglo, les forces de la gauche ont profité de leur rassemblement pour passer une couche de vitriol à nouveau à la mouvance présidentielle et son chef. Conséquences, le chemin menant au havre de paix dont se targuaient autrefois les Béninois est jalonné d’écueils. A l’évidence, ceux qui rêvent encore d’une paix au pays de Patrice Talon pensaient que la dernière perche tendue par l’homme fort du 06 avril 2016 aurait été saisie par ceux qui ne parlent pas le même langage que sa mouvance. Mais c’est une vue de l’esprit, car il faut encore des semaines voire des mois peut-être pour retrouver la solution recherchée pour guérir le Bénin des maux dont il souffre.
Pourtant des signes bien longtemps
Les symptômes étant apparus au lendemain des élections législatives du 28 avril 2019, date à laquelle le pays dénommé Quartier Latin de l’Afrique est enrhumé. Soit plusieurs mois environ. C’est pourquoi en amont du dialogue initié par le chef de l’Etat en effet, beaucoup ont poussé un ouf de soulagement du fait selon eux, du retour d’un probable apaisement. Mais à l’arrivée, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Comme une bulle de savon au contact du soleil, les espoirs se sont fondus et les espérances, devenues une chimère. Le vide créé derrière l’initiative du fait de la non participation d’une frange d’opposants au dialogue atténue les louanges et confond les profanes non initiés du jeu politique. A l’effet, les assises de la résistance organisé au Chant d’oiseau de Cotonou en réponse à l’initiative du pouvoir remet tout en cause et confirme qu’il faut encore attendre pour une paix entre ces acteurs. Sur deux théâtres pour la même cause ou presque ce week-end, le Bénin un parangon en toute initiative qui naguère faisait école dans la sous-région, sur le continent même au-delà, s’est pour une fois attiré maladroitement les projecteurs. Dès lors, on se demande à bon droit quels impacts peuvent avoir sur la paix dans la cité, les deux dialogues ? Est-ce un début de dégel de la tension ou un durcissement des positions ? En tout cas pour le moment cette interrogation est loin de trouver une réponse fiable d’autant plus que l’aile dure des opposants n’entend pas céder. Elle y tient telle la prunelle de ses yeux à la prise en compte de la brochette de doléances à savoir ; la libération de ceux qu’elle appelle ‘’prisonniers politiques’’, le retour selon elle des ‘’exilés politiques’’, la reprise des élections législatives. Demandes qui sont similaires à certaines propositions émises par les partis politiques présents au dialogue initié par le pouvoir en place. C’est dire qu’il y a des points de ressemblance dans ce qui est fait au Palais des Congrès et au Chant d’Oiseau de Cotonou. Partant de cette similitude, on peut se demander si le chef de la mouvance est-il prêt à accéder à ces différentes requêtes ? Bien vrai que cela y participera du dégel de la tension, certes Patrice Talon y est contraint, mais ce ne sera évidemment pas une sinécure.




 
 

 
 
 

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