Actualité

Chronique : Yayi et les Démocrates, la gangrène de l'opposition

L’investigateur 20/12/2020 à 20:19

Admis aux urgences du Ministère de l’intérieur pour l’examen de son dossier de déclaration administrative de constitution introduit à moins d’un an du prochain scrutin présidentiel, le parti Les Démocrates s’en est sorti il y a peu revigoré par le récépissé provisoire lui ouvrant la voie d’accès à la vie juridique. Sauf que la jeune formation politique sous la férule de la figure tutélaire controversée n’hésitera pas à fondre abruptement dans la mare fangeuse hallucinant sur les rêvasseries fantasques d’un dialogue national comme préalable à la tenue de la présidentielle d’avril 2021. Yayi Boni et ses congénères du parti Les Démocrates ont donc décidé de laisser planer une ombre anxiogène sur l’opposition dont le Mouvement populaire pour la libération (MPL) et la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont dû se résoudre à prendre leurs responsabilités en se démarquant sans ambages du cercle vicieux projeté par le réseau mafieux dans sa logique incendiaire.

Lire aussi : Showbiz au Bénin : l’artiste Solange Sicka fait son come-back samedi prochain

Loin d’avoir apporté du sang neuf pour la vitalité de l’opposition dans l’arène politique, le parti Les Démocrates affiche une posture qui pose question. En surfant sur la revendication irréaliste de dialogue national en prélude aux prochaines élections présidentielles, les janissaires d’hier reconvertis en Démocrates font monter en gamme les discours subversifs qui les singularisent dans la carpe de fauteurs de trouble. Le MPL et la FCBE, écuries engagées sur le front de l’opposition ont cru bon de se désolidariser de l’option suicidaire prise dans l’épicentre des Démocrates en privilégiant dans le respect citoyen de la législation en vigueur les voies et moyens réservés à l’obtention du quota de parrainage prescrit pour la participation à la course présidentielle.

En vérité, la question préjudicielle de dialogue national ridiculement soulevée par le réceptacle baroque est de nature à exploser le plafond de l’hilarité dans le cénacle des puristes de la raison publique sous le prisme de la gestion optimale du temps, et des ressources. Tant il est vrai qu’à l’étape actuelle des choses, au regard du contexte dans lequel évolue le pays, aucune raison raisonnable ne plaide en faveur d’une quelconque perspective d’assises nationales. Une telle imagination plutôt en divagation ne peut que germer de cortex intrigant gorgé du fiel de la sinistrose assaisonné d’une petite dose d’amalgame.

Lire aussi : Affaire 39 hectares : les intérimaires des 03 chefs d’arrondissements en prison, connus

Les institutions du pays fonctionnent normalement, la robustesse de l’économie nationale est attestée par les instituts spécialisés qui classent le Bénin parmi les 10 pays africains ayant échappé à la récession face à la crise de Covid-19, le filet social est structuré... Disons que dans les veines du sérieux et de la rigueur, Talon a redonné du baume au cœur de la Nation. Et ce, contrairement aux souvenirs effroyables de la crise économique des années 1980 en ce qui concerne le Bénin de la période révolutionnaire caractérisé par une faillite des finances publiques, la banqueroute de l’État qui ne pouvait plus payer ni salaires, ni pensions de retraite, ni bourses. En conséquence, plusieurs mois d’arriérés de salaires étaient dus aux fonctionnaires et de bourses aux étudiants. Aujourd’hui, c’est une lapalissade qu’il n’y a aucune commune mesure entre le Bénin métamorphosé du Nouveau départ et celui de ces années reculées qui ont débouché sur l’organisation de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990. D’où l’importance de rappeler aux caciques de la chapelle dite Les Démocrates qu’un peuple qui ne connaît pas son histoire est un peuple aveugle qui finit par la balbutier.

Lire aussi : Mairie de Cotonou  : Mme Mireille Dagbozounkou, SASA invitée à reprendre service dès lundi

Le dialogue politique national d’octobre 2019 a été initié par le président Talon qui en bon père de famille tenait à souder la Nation dans le creuset unitaire du vivre ensemble écorné par les turbulences nées des dernières élections législatives. Ont pris part à ces assises au Palais des congrès de Cotonou 08 formations politiques parmi lesquelles la FCBE dont Yayi tenait encore les rênes de la présidence d’honneur. Des recommandations consensuelles ont sanctionné les travaux du dialogue et mises en œuvre judicieusement aux fins de gagner le pari initial de la pacification de la vie politique. Après tout ça, il faut convenir que la thèse revendicative de dialogue national à moins de 04 mois du grand match électoral ne répond à aucune autre motivation que celle du retour des démons déterminés à enjamber les derniers degrés de la félonie.

Avant l’avènement du Nouveau départ, le mal du système partisan béninois était assez profond. Le réformateur national s’est alors employé à faire le diagnostic pour le sauver de son état traumatique préjudiciable au développement du pays.

Lire aussi : Concours frauduleux : « Je pensais que c’était sous Yayi seul », ironise Maora Aledjo

Le paysage politique naguère sous perfusion a reçu une batterie de réformes vouées à la performance optimale des partis politiques dans leur rôle de générateurs des gouvernants. De 250 avec sa ribambelle de clubs électoraux, le damier politique totalise actuellement 14 partis. Qu’à cela ne tienne ! Comme l’a expliqué le directeur de la communication à la présidence de la République Wilfried Léandre Houngbédji le samedi 12 décembre à l’occasion de la tournée présidentielle de reddition de comptes, "la réforme ne limite pas la création des partis politiques. La même liberté de création des partis politiques demeure. Ce qui change, ce sont les conditions de représentativité parce que cette réforme est corrélative au financement des partis."

Les fantassins en loques se font du cinéma et donnent libre cours à leurs chimères derrière le rideau de fumée des gloses irraisonnées appelant au dialogue national avant la course de 2021. Hérésie complète. Talon n’est pas dans la course aux petits chevaux.

Le peuple mature compte les jours pour offrir dans les urnes une seconde sublime consécration à l’élite de la légende du Nouveau départ sur la première marche de la présidence du Bénin. Ce sera indubitablement une leçon, une correction, une gifle pour les nostalgiques de la pétaudière truffée de pagaille et de bavardage. Les temps ont changé...

Boris FATONDJI




 
 

 
 
 

Autres publications que vous pourriez aimer

Dernières publications





Facebook