Bénin

Opinion : Madougou, une navigation à l'aveugle sous le fardeau de l'enchevêtrement

L’investigateur 19/02/2021 à 14:55

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La 7ème élection présidentielle de l’ère du renouveau démocratique enregistre sa séquence hilarante sous les entourloupes bouffonnes du parti Les Démocrates. Emballés dans le cirque aux rebondissements rocambolesques, Éric Houndété président visiblement sous tutelle de la chapelle maximaliste et ses congénères ont pris l’option de renverser la table au point de s’éloigner définitivement de la ligne de départ du scrutin du 11 avril. Pour son baptême de feu dans l’arène de la course à grande audience de la démocratie, Réckya Madougou a préféré naviguer à l’aveugle sous le fardeau de l’enchevêtrement inextricable des errements des Démocrates avec en prime le poste de porte-étendard du duo candidats de la formation politique. Un miroir sans glace qui n’a eu au demeurant que l’effet d’une douche froide.

Blackboulée par la Commission électorale nationale autonome (Céna) pour défaut de parrainage, la mine boudeuse, l’ancienne ministre de Yayi Boni en appelle aux démons de l’hystérisation verbale à forces de circonlocutions pour jouer à fond la carte des allégations amalgamées. Le colistier Patrick Djivo enfile les loques du soldat indigent et remue sa langue servile à la rescousse de l’équipée mélodramatique.

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Le recours irraisonné à la suppression du parrainage comme une revendication catégorique à satisfaire avant la tenue de la présidentielle ramène en surface les élucubrations incendiaires de la maison Houndété sur le processus électoral en cours. La meute semble chancelante dans son schéma-test de déstabilisation du pays. Et Réckya Madougou titulaire du duo émanant de la grotte au sein de laquelle siège Yayi en qualité de président d’honneur de répandre dans l’opinion l’idée d’avoir entrepris des démarches vis-à-vis des élus de la Nation pour quérir le parrainage relève avouons-le d’une incohérence vouée à la galerie des sombres tam-tams de litanies surréalistes.

Sur le ressort du pragmatisme avec un zeste d’humilité, le duo Corentin Kohoué-Irénée Agossa issu des rangs du même parti s’est fait fort d’enlever le parrainage qui valide son ticket pour le grand match de la présidentielle sous les couleurs de l’opposition à l’instar de l’autre tandem anti-Rupture Djemba-Hounkpè de la Force cauri pour un Bénin émergent (FCBE).

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Corentin et Irénée ont de bonnes raisons de se moquer de leurs suspensions du giron Démocrates, burlesque famille politique abonnée à la carpe de fauteurs de trouble. Sous réserve de la publication de la liste définitive des candidats retenus pour concourir sur l’hippodrome du 11 avril, il est à l’honneur de la Nation que le pluralisme soit d’ores et déjà garanti. Et à moins d’un éventuel tsunami dans le ciel de la météo politique, les élections qui se profilent seront un moment de fête comme l’a voulu le président Talon.

Tant il est vrai que loin de l’abîme conspirationniste des esprits mesquins de la République, cet homme de rupture a au cours de sa tournée nationale de reddition de comptes, pris l’engagement de mener le plaidoyer en direction de ses lieutenants pour que le parrainage soit rendu disponible à tous les duos de candidats. C’en est fait. Le président a fait honneur à son serment promissoire. Sauf que le parti les Démocrates n’était pas acquis à la politique d’ouverture du père de la Nation et a fait le choix de substituer la volonté sans règle à la volonté réglée en déclinant l’offre du parrainage.

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Passant d’un extrême à l’autre et en panne de légitimation sociale, l’équipage Démocrates fait diversion dans un enchaînement d’incongruités. Minée par la division et engluée dans un profond chaos, la nouvelle écurie de Yayi se décharge sur le néant pour survivre. Entrés avec fracas dans le cénacle politique, ses caciques avaient laissé l’impression qu’ils étaient arrivés pour viser l’or. Malheureusement à l’épreuve des faits, tout donne à croire qu’ils se sont lancés dans la course à la succession de Talon sans boussole. Il ne serait pas malaisé de donner à bon compte l’apparence de les mépriser profondément. C’est à l’image de la montagne de La Fontaine qui, en mal d’enfant jetait une clameur si haute que chacun, au bruit accourant, crut qu’elle accoucherait sans faute d’une cité plus grosse que Paris. Elle accoucha d’une souris.

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À moins de deux mois de la dynamique électorale qui fait mouvoir la politique, le compte à rebours est bien engagé. L’icône du Nouveau départ peut rêver légitimer pour la seconde fois une posture victorieuse. Le peuple qui a décidé de ne plus quitter la barque Talon après avoir fait connaissance avec la Rupture auréolée par un bilan assez positif s’impatiente de réinstaller son champion dans le fauteuil présidentiel. Pour une course promise à un sprint chargé de certitudes, la victoire est promise dès le 1er tour à Talon par le peuple, les plus grandes forces politiques du pays et les satellites de la mouvance présidentielle. Dans la paix et la transparence. N’en déplaise aux apparatchiks et autres thuriféraires du parti Les Démocrates réduits à se faire du cinéma à la recherche d’un écho médiatique pour brouiller la piste.

Boris FATONDJI




 
 

 
 
 

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