Bénin/art divinatoire

Quels sacrifices privilégiés pour deux consultations du Fâ en moins d’une semaine ?

L’investigateur 16/12/2019 à 11:17

Le citoyen lambda se perd en conjectures face aux consultations tous azimuts du Fâ (Toffâ et Hwéfâ). En moins d’une semaine, cet art divinatoire a été sollicité de part et d’autre pour les mêmes causes, le jeudi 05 décembre au palais royal de Danxomê et le samedi 14 du même mois à Cotonou pour prédire l’avenir. Dans l’absolu, cela crée une confusion dans la tête des profanes et tout laisse croire que les dignitaires des religions endogènes ne parlent pas le même langage.

Il coule de source que le Béninois, très attaché à sa culture, a une foi avérée en ce qui touche à la tradition. Mais il n’est plus un secret pour personne que depuis quelques années, les prêtres du Fâ, c’est-à-dire les « Bokonon » à travers la façon dont cet art divinatoire est sollicité, laissent perdurer des doutes dans les têtes. A travers certains comportements, l’opinion pourrait croire, peut-être à tort ou à raison que l’art divinatoire, le Fâ a perdu de sa superbe. Ce qui en réalité n’est pas vrai. Le jeudi 05 décembre au palais royal de Danxomê devant sa Majesté Dada Kêfa Sagbadjou Glèlè, le Hwéfâ a été consulté. Au terme de la cérémonie, les signes apparus sont « Toul-Abla ; Abla-Médji et Tchè-Aklan ». Par opposition, mais sans doute pour la même cause, Cotonou (Ciné le Bénin) a abrité ce samedi 14 décembre, une cérémonie pareille. Au révélateur, il y a eu comme Signe principal : LÈTÈ – GBÉ, sur le Cauris : DI- TROUKPIN et enfin sur le Adji : TOULA-DI. En tout cas, c’est ce que les dignitaires venus d’un peu partout au Bénin pour sacrifier à cette tradition, ont servi au peuple.

Les signes du Hwéfâ à Abomey le 05 décembre

En vérité pour le profane, rien que l’écriture des signes apparus après les cérémonies aux deux endroits, pose problème. Mais dans l’interprétation, on y trouve tout de même une similitude. En l’occurrence « Abla-Médji » du Hwéfâ et « Lètè Ayi Gbé » du Toffâ dont les prédictions parlent des avortements provoqués et leurs conséquences. Le reste, on n’y comprend rien. Dans ces conditions, que peut le gouvernement à qui les cérémonies faites en deux lieux différents s’adressent ? Doit-il privilégier les sacrifices du Hwéfa à ceux du Toffâ ? Quelle attitude adopter alors ? Y a-t-il une différence entre le Toffâ et le Hwéfâ ? Autant de questions qui trottent dans les têtes. Mais ce qui est évident, à Abomey comme à Cotonou, le Hwéhâ et le Toffâ ont été consultés pour des sacrifices qui une fois faits, ôteraient sur le chemin d’un Bénin qui aspire au développement et du gouvernement soucieux du bien-être de son peuple, le phénomène waxala en 2020. Dès lors, on peut se demander pourquoi ne pas s’entendre et faire les consultations en un seul endroit ?
Une solution plus convaincante d’ailleurs. Mais tout compte fait, il est loisible de comprendre qu’ à travers ces diverses sollicitations du même Fâ, les dignitaires des religions endogènes ne parlent pas le même langage. Et, celui qui est le plus mis dans l’embarras de choix à traves cette situation, est bel et bien le gouvernement. Contraint peut-être à faire autant de sacrifices que de consultations pour la même cause au risque de mécontenter un camp pour s’attirer sa colère.



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