Bénin

Yayi et Soglo à l’investiture de Talon : une main tendue ou provocation ?

L’investigateur 7/06/2021 à 13:36

Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint, porte-parole du gouvernement était devant la presse ce dimanche 06 juin 2021. Au cours de sa sortie médiatique, l’ancien directeur de la communication de la présidence a abordé l’absence des anciens présidents, Boni Yayi et Nicéphore Soglo à l’investiture de Patrice Talon. C’était le dimanche 23 mai dernier au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo.

Patrice Talon aurais pris le soin de vérifier que les cartons d’invitation ont été remis aux présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo ou transmis à qui de droit, pour que ses deux prédécesseurs, soient à la cérémonie d’investiture, selon la déclaration du porte-parole du gouvernement. C’est dire que tout a été mis en œuvre pour que les prédécesseurs du chef de l’Etat, soient présents au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, où a eu lieu l’investiture. Mais à dire vrai, est-ce une main tendue ou une provocation ?

En effet, avant cette investiture, les deux prédécesseurs de Patrice Talon ont pris rigoureusement, depuis quelques éditions, la décision de boycotter la célébration de la fête nationale du 1er août. Ce qui est significatif à tous égards, et dénote plus ou moins, de leur opposition au mode de gestion de l’actuel chef d’Etat.
Si les deux ont choisi, depuis un moment d’aller contre la politique du régime actuel, c’est dire aussi qu’ils ont des griefs justifiés ou non contre le président Patrice Talon. Car Boni Yayi a semble-t-il, mis une croix sur une possible réconciliation avec son successeur après 52 jours en résidence surveillée. Nicéphore Soglo qui estime que ses fils (NDRL Léhady en exil et Galiou agressé par des individus non encore identifiés le 05 février 2021) sont les mal-aimés sous la rupture, ne porte plus le président de la république en estime. Ce qui se ressent à travers ses sorties publiques doublées de critiques acerbes.
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A l’approche de la fin du mandat de Patrice Talon, Nicéphore Solgo, premier président de l’ère du renouveau démocratique, n’a de cesse de prophétiser son départ, du pouvoir après son 1er mandat. Son communiqué, rendu public le 09 avril 2021, veille du scrutin pour disait-il, dénoncer des propos régionalistes qu’aurait tenu le chef de l’Etat dans le Centre du Bénin, traduit à n’en point douter, son amertume contre le pouvoir.

A travers son message, rendu public le 09 février 2021, Boni Yayi rappelait déjà au chef de l’Etat que la fin de son mandat est pour le 06 avril à 00h00mn00s.
Selon toute vraisemblance, l’actualité à la limite sulfureuse qui a prévalu avant l’élection, ne donnait aucun gage que les deux prédécesseurs de Patrice Talon, ont jusqu’à preuve du contraire, cautionné son K.O du dimanche 11 avril avec plus de 86% de voix recueillies.

Dès lors, les inviter à la cérémonie d’investiture, à tout l’air sauf exception, d’un ballon d’essai de la part du régime.

En ce sens que Boni Yayi qui estimait au début du premier mandat que ses proches sont traqués, ne pourrait jamais admettre le pourrissement de la situation, fait de plusieurs arrestations des gens proches de son parti, Les Démocrates, avant la tenue de la cérémonie d’investiture. Au motif qu’ils sont visés par la justice.

En conclusion, loin d’une main tendue, l’invitation des deux présidents Boni Yayi et Nicéphore Solgo à prendre part à la cérémonie d’investiture du 23 mai dernier n’est pas le canal idéal de réconciliation entre les trois personnalités, si vraiment ils ont décidé d’enterrer la hache de guerre.




 
 

 
 
 

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